Carnet de route

Alpinisme dans les Ecrins - jour 2

Sortie :  5 jours dans les Écrins du 22/07/2019

Le 26/07/2019 par Cuillery - Emma

Il est exactement 2h51 lorsque Marie-Do me secoue la cheville pour me sortir de mon demi-sommeil. Des crottes d'oeil encore plein les yeux, on se retrouve pour le petit-déjeuner à 3h. Par la fenêtre on voit, bien plus loin, des éclairs qui ornent le ciel.

Et ce soir à 19h, on est à Faverges, Haute-Savoie.

La salle à manger est à 1/2 pleine et tout ce petit monde se retrouve rapidement en train d'enfiler baudrier, coupe-vent, casque, chaussures, polaire et sac à dos. La grande majorité va faire la Barre ou le Dôme. Dehors, bien que le refuge soit posé à 3170m d'altitude, on sent bien qu'il ne fait pas si froid. Pendant une heure, on traverse le plateau du glacier, les uns dans les pas des autres, l'occasion de "finir sa nuit" selon notre guide. Bien que le plafond nuageux se découvre par endroits, il est bien bas et il fait plutôt sombre. Alors que nous bifurquons vers Roche Faurio, les autres cordées continuent vers le Dôme. Ils forment une belle guirlande lumineuse.

"Deux euros !"

Alors que nous grimpions un peu plus sérieusement maintenant, nous sommes surprises par cette exclamation de Vincent. Je suppose que, en effet, ça ne doit pas être courant de sortir son porte-monnaie sur un glacier (qui diable a bien pu vouloir apporter de la monnaie jusqu'ici ? C'est si lourd !). On découvre environ au même moment que les 11/13 des cordées engagées dans l'ascension du Dôme font demi-tour et se dirigent naturellement vers Roche Faurio. Etrange. On finit par abandonner nos bâtons et nos crampons pour faire un peu d'escalade. Il fait maintenant jour. Alors que j'étais en train de réaliser que les pauses pipi étaient pour le moins compromises dans un tel paysage, je fus saisie d'émerveillement devant la couleur que prenait chaque chose autour de nous (surtout de la roche et de la glace cela dit) : tout était rose et chaque nuage, secoué par le vent, laissait entre-apercevoir un disque orange qui montait lentement. Cela dura 10 secondes.

Nous avons fini par atteindre la sommet, bien que ce ne soit pas le vrai sommet, car en effet, ce dernier se situe 30 mètres plus haut. Mais le vent soufflait fort, nous ne sommes pas des furieuses en escalade et les 9/10 de la populace admettent bien volontier que là où nous nous trouvions constitue le vrai sommet de Roche Faurio.

En redescendant, nous avons croisé plusieurs cordées qui avaient fait demi-tour sous le Dôme :

"C'était trop mou. Ça et les séracs qui tombent dans la nuit sans qu'on sache trop où..." Pas simple d'avancer quand on s'enfonce dans la neige jusqu'aux genoux.

Je venais d'enjamber une crevasse quand tout à coup :

"Marie-Do, Emma, qu'est-ce que vous faites ?! AVANCEZ ! Vous êtes deux sur un pont de neige !"

Petite frayeur de Vincent. Pour notre défense, rien ne ressemble plus à de la neige sur un trou que de la neige sur la glace. On s'est donc empressées de ficher le camp. Le soleil commençait à se lever. On s'est de nouveau tartinées de crème et de baume à lèvre. Je commençais pour ma part à perdre la notion du temps.

Nous sommes arrivées au refuge du Glacier Blanc après une bonne bambée d'une heure trente, à 9h55, et non sans fierté, puisque sur la dizaine de courses à Roche Faurio guidées par Vincent cette saison, nous avons été les plus rapides. On se quitte finalement avant de renfiler des manches courtes et redescendre au Pré de Mme Carle, rejoindre le reste de l'équipage. Nous étions rapides, certes, mais surtout déferaillées en cette fin de matinée.

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